My 5 favorite… records – Maybe Tonight

Maybe Tonight est un collectif de 4 DJs formé en 2016, qui organise depuis des soirées dans les clubs et bars emblématiques de Paris, notamment la Prototype au Mini Club de la Rotonde. Dans leurs sets à huit mains, Colin, Guillaume, Romain et Xavier apportent chacun leurs propres goûts et palettes. 

Ils se retrouvent toutefois dans leur goût partagé pour un grand éclectisme dans les genres et périodes de la musique. Ils se sont fait connaître par leur chaîne YouTube où ils partagent leurs trouvailles, et prolongent leurs explorations musicales dans leur émission Bizarre Love sur LYL Radio et dans leurs divers podcasts pour NTS, Les Yeux Orange, Rinse ou Free Dots. Ils se sont produits dans de nombreuses soirées à l’étranger, telles que DOMply à Rio de Janeiro, Pocket of Light à Beyrouth, Brilliant Corners à Londres…

 

Nous avons le plaisir d’annoncer qu’ils joueront à notre soirée à l’Hôtel Bourbon samedi 29 Février de Minuit jusqu’au petit matin. 

Antena - Life is too short (disque choisi en commun)

On était obligés de choisir ce disque fou : il synthétise tellement de nos influences, dans quelque chose d’assez bordélique mais au final super abouti ! Ce sont trois mixes des légendaires John Morales & Sergio Munzibai, et notre préférence va à l’« Instrumental jazz version ».

Il y a des percussions mais aussi une boite à rythme, une bass de DX7, de la cuica brésilienne et une légère reverb qui donne une couleur dub sur certains passages. Sur la version Belge, pas de remix malheureusement, mais la face B « Behind the door » est une véritable tuerie boogie.

Various – Real sadness & other gregorian mysteries (disque choisi par Romain)

J’ai découvert ce disque par hasard chez un disquaire de Kiev, au fond du bac new age, entre un album de Mike Oldfield et une compilation de yoga. Ce n’est pas un best of de chants liturgiques, comme pourrait le laisser penser la cover, mais bien une compilation de dance music. Le projet allemand Enigma voit le jour en 90, avec son tube infernal « Sadeness ». S’en suit une déferlante d’ersatz plus ou moins inspirés, allant des recoins sombres de la pop aux chill-out des rave party, en passant par les sketchs des Inconnus. Sortie quelques mois après « Sadeness », cette compilation rassemble neufs tracks dits « enigmatiques ». On y retrouve – pour le meilleur ou pour le pire – ce fameux mélange de chants grégoriens, beats groovy, flûtes Ushuaïa et gémissements peu catholiques. Qu’ils soient dream house aux relents gothiques, comme le « Tales of Mystery » de Trance Dance, messe breakée sur « Amen Part II » de Equinox ou carrément new beat spirituel, samplant allègrement Phil Collins sur “The Rhythm” de Gregoria, tous ont cette particularité de devenir honteusement addictifs.

Xavier Gernet – Forme de rêve (disque choisi par Guillaume)

Xavier Gernet chante amours impossibles et rêves brisés. Présenté comme ça, ça paraît mélo, mais son écriture simple et son chant presque parlé lui évitent de sombrer dans le pathos.Sans être revendicatif, il y a aussi ce discours social constant qui lui donne de l’épaisseur.

A retenir de l’album, il y a clairement « Mimi », une balade folk qui finit sur une note presque cosmique avec cette mélopée synthétique. « Hellelena » descend la ville sur un riff funk et « Les pieds dans l’eau » reprend tous les codes flamboyants du disco quand le refrain éclate.

Pour un “chansonnier” il y a quelque chose d’étrangement baléarique dans sa musique et parfois de dansant. Pas étonnant donc qu’il soit accompagné par des habitués comme Jean Schultheis  (« Bébé bop » et « Playmate »…) et Claude Engel (Elisabeth Anais – « Qu’est ce que ça peut rien m’faire »).

Various - Pop raï and Rachid Style (disque choisi par Xavier)

Cette compilation est particulièrement intéressante puisqu’elle est dédiée à la figure exemplaire de Rachid Baba, qui dit beaucoup du contexte historique et social du raï, auquel je me suis pas mal intéressé dernièrement. Après avoir formé un groupe de rock avec son frère Fethi dans les années 1970, il produit à partir des années 1980 dans son studio de Tlemcen, près d’Oran, toute la génération dorée du raï, les « chebs et chebas » du boom démographique qui suit la guerre d’indépendance : Khaled, Fadela et Sahraoui, Zahouania, Houari Benchenet…. Par son incorporation des synthétiseurs et boîtes à rythmes, il développe le son de cette « new wave algérienne » qu’est le pop-raï. Son assassinat en 1995 au cours de la guerre civile, quelques mois après celui de Cheb Hasni, est emblématique de la tragédie que vit le mouvement musical en même temps que tout le pays au cours de la « décennie noire ».

Eirin Peryglus – Bronson (disque choisi par Colin)

Comme une cerise sur la gâteau, il fallait bien un morceau d’italo dans ce top 5. Diggé dans les méandres de mes chaînes youtube favorites, cet obscur 45 tours d’Eirin Peryglus n’a pourtant pas été conçu dans un studio transalpin mais aux confins du pays de Galles, et c’est justement ce qui le rend si spécial. Un ovni finalement assez éloigné des standards du genre établis par My Mine ou Koto.

Sur « Y Dyn Newydd », face B du disque, les lignes de synthétiseurs kitsch et acidulés côtoient sans complexes les riffs de guitares électriques comme pour rappeler l’identité profondément new wave du groupe. J’ai immédiatement été retourné par les lyrics, exclusivement gaéliques qui insufflent au morceau quelque chose de puissant, de presque ésotérique.

Eirin Peryglus laisse son emprunte plus que singulière dans la musique électronique Britannique. Ce groupe semble par la suite inspirer des artistes comme Llwybr Leathog, Ty Gwydr et toute la pléiade de producteurs Galois signés sur le label Ankst dans les 90’s.

@maybe_tonight_paris

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